10 des plus anciennes races de chats et leur origine
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Certaines races de chats existaient déjà sous une forme reconnaissable quand les standards actuels n'étaient même pas envisagés. Voici dix d'entre elles, avec ce que l'on sait vraiment de leurs origines, sans les légendes trop arrangées qui circulent encore sur internet.
Le Korat
Le Korat vient de la province thaïlandaise du même nom, où il est élevé depuis des siècles sous le nom de Si-Sawat, littéralement « bon augure ». Sa robe bleu argentée et ses yeux vert émeraude en font un chat facilement identifiable, longtemps offert en Thaïlande comme cadeau de mariage porte-bonheur.
Joueur et attaché à son foyer, il tolère mal les changements brusques et préfère un environnement stable. Sa santé est globalement bonne, avec toutefois un risque connu de gangliosidose GM2, une maladie neurologique héréditaire pour laquelle un test génétique existe et que les éleveurs sérieux pratiquent avant reproduction.
L'Abyssin
L'origine exacte de l'Abyssin reste débattue : le nom renvoie à l'Éthiopie, mais les analyses génétiques récentes situent plutôt ses racines du côté de l'Asie du Sud-Est ou de la côte indienne. Le pelage ticked, chaque poil portant plusieurs bandes de couleur, et la marque en M sur le front sont ses signatures visuelles.
Sociable et très actif, il a besoin d'espace vertical pour grimper et observer. C'est une race exigeante en stimulation, mal adaptée à un foyer où personne n'est présent la majeure partie de la journée.
Le Maine Coon
Le Maine Coon serait né du croisement entre des chats à poil long amenés par des marins européens et les chats de ferme de l'État du Maine, aux États-Unis. La légende d'un croisement avec un raton laveur, à l'origine de son nom, n'a aucune base génétique.
C'est l'une des plus grandes races domestiques, avec des mâles qui dépassent régulièrement 7 kilos. Son pelage semi-long, dense et imperméable, demande un brossage hebdomadaire pour éviter les nœuds, deux fois par semaine pendant la mue de printemps.
La race est associée à un risque accru de cardiomyopathie hypertrophique et de dysplasie de la hanche malgré son ossature imposante : un contrôle cardiaque échographique périodique reste recommandé chez les reproducteurs.
Le Chartreux
Le Chartreux porte une robe gris-bleu et des yeux orangés, et son caractère calme en a fait l'un des chats préférés des Français depuis des générations. Son histoire précise reste discutée : certains le rattachent au Levant et à une importation par les moines chartreux, d'autres à une sélection purement française du XXe siècle, la première hypothèse manquant de sources solides.
Ce qui est documenté, en revanche, c'est le travail de sauvegarde de la race après la Seconde Guerre mondiale, quand la population avait presque disparu et a été reconstituée en croisant les derniers sujets avec des British Shorthair bleus.
Le Siamois
Le Siamois est documenté en Thaïlande depuis plusieurs siècles, où il apparaît dans des manuscrits anciens conservés à la Bibliothèque nationale de Thaïlande. Son pelage clair, ses points foncés aux extrémités et ses yeux bleus en ont fait l'une des races les plus reconnaissables au monde.
Bavard et très attaché à ses maîtres, il réclame de l'attention et supporte mal l'isolement prolongé. Sa lignée moderne, affinée en Europe à partir du XIXe siècle, a progressivement allongé la silhouette par rapport aux Siamois originels, plus trapus.
Le Bobtail Japonais
Malgré son nom, le Bobtail Japonais serait arrivé de Chine avant de s'implanter au Japon, où il est associé depuis des siècles à la bonne fortune. C'est lui qui a inspiré le maneki neko, la figurine du chat à la patte levée que l'on voit à l'entrée de nombreux commerces.
Sa queue courte et recourbée, unique dans sa forme en pompon, résulte d'une mutation naturelle fixée localement bien avant toute standardisation occidentale. Vif et sociable, il aime l'eau plus que la moyenne des chats.
L'Angora Turc
Originaire de la région d'Ankara, l'Angora Turc est arrivé en Europe dès le XVIIe siècle, où sa fourrure soyeuse et sa silhouette élancée ont immédiatement séduit les cours royales française et anglaise. Il a d'ailleurs largement contribué à la création du Persan par croisement.
Dynamique et sociable, il garde une bonne dose d'indépendance et supporte bien la vie avec des enfants. Une particularité génétique le concerne particulièrement : les yeux vairons, une couleur différente pour chaque œil, sont plus fréquents chez lui que dans la plupart des races, et sont parfois associés à une surdité partielle du côté de l'œil bleu.
Le British Shorthair
Le British Shorthair descendrait des chats amenés en Grande-Bretagne par les légions romaines, croisés ensuite avec la population féline locale pendant des siècles avant toute sélection organisée. Sa robe la plus connue, bleu uni, lui a valu le surnom de « British Blue ».
Calme et peu démonstratif, il s'attache sans réclamer constamment de l'attention, ce qui en fait un chat apprécié des foyers actifs en journée. Sa musculature dense et son ossature large lui donnent un poids supérieur à ce que sa taille laisse deviner.
L'Européen
Descendant direct du chat sauvage Felis silvestris libyca domestiqué au Proche-Orient, l'Européen s'est répandu sur le continent en accompagnant les échanges commerciaux depuis l'Antiquité. Longtemps considéré comme un simple chat de gouttière, il n'a été reconnu comme race à part entière qu'au XXe siècle, avec un standard qui décrit une morphologie plutôt qu'une origine géographique précise.
Sa rusticité vient directement de son passé de chat de ferme : il a survécu sans assistance humaine pendant des siècles, ce qui explique une santé généralement solide et peu de maladies héréditaires documentées.
Le Burmese
Le Burmese apparaît dans des peintures et des recueils de poèmes thaïlandais datant de plusieurs siècles, bien avant son exportation vers les États-Unis dans les années 1930 à partir d'une chatte nommée Wong Mau. Toute la lignée américaine actuelle descend de cette seule fondatrice.
Affectueux et joueur, il recherche activement le contact et s'entend bien avec les enfants. Sa fourrure courte et brillante, dans des teintes allant du brun sable au bleu, ne demande qu'un entretien minimal.
Ce panorama montre une constante : la plupart de ces races anciennes doivent leur survie à un isolement géographique prolongé, souvent une île, une province reculée ou un temple, avant que le commerce et les expositions félines du XIXe et du XXe siècle ne les fassent connaître du reste du monde.
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